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Enquête sous menace : Le combat des journalistes contre la corruption

by Nandi
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Semaine de la Jeunesse contre la Corruption : Baba Boubacar Keïta, secrétaire général de la CPLC, appelle les communicants à faire la lumière

Là où la corruption se cache, l’investigation éclaire, tel était le slogan de la journée de sensibilisation en milieu journalistique organisée dans le cadre de la Semaine de la jeunesse contre la corruption. L’Union des Radios et Télévisions Libres du Mali (URTEL), en partenariat avec la Communauté des pratiques en matière de lutte contre la corruption (CPLC) et avec l’appui financier du projet LUCEG (Projet d’appui à la lutte contre la corruption pour l’égalité des genres), a tenu une conférence débat le 5 février 2026 à l’Ecole Supérieure de Journalisme et des Sciences de la Communication (ESJSC). Placée sous le thème « Problématique du journalisme d’investigation en matière de lutte contre la corruption : Enjeux et Perspectives », la cérémonie d’ouverture était présidée par le directeur de l’ESJSC, en présence des représentants du projet LUCEG, de la CPLC et de l’URTEL. Cette rencontre visait à mettre en lumière les défis et opportunités liés à la pratique du journalisme d’investigation dans la lutte contre la corruption

L’objectif général de cette conférence est d’accroitre le niveau de compréhension des acteurs/actrices des médias et les étudiants en journalisme sur le phénomène de la corruption ainsi que les instruments juridiques de lutte contre la corruption. Il s’agira plus spécifiquement d’amener les acteurs/actrices de médias et les étudiants en journalisme à connaitre les manifestations, causes et conséquences de la corruption ; à connaitre les mécanismes de dénonciation des actes de corruption ; à connaitre leur rôle dans la lutte anti-corruption et à formuler des recommandations à l’endroit des acteurs/actrices de médias et structures de lutte anti-corruption.

Le Directeur général de l’ESJC, Dr Aboubacar Abdoulwahidou Maïga, pour sa part le rôle des communicants, qui peuvent être à la fois victimes et acteurs de la corruption et il a également  invité les étudiants à prendre pleinement conscience de leur responsabilité future dans la construction d’une société plus intègre. Dans son intervention, Dr Maïga a félicité les organisateurs pour cette initiative et il a établi un parallèle entre la lutte contre la corruption tout en s’adressant ensuite aux journalistes et à leurs employeurs ; il les a exhortés à garantir de meilleures conditions de travail et une rémunération décente à leurs personnels, afin de réduire leur vulnérabilité face aux tentations de la corruption.

Quant à Abdoulaye Handan Djitteye, le représentant de l’Union des Radios et Télévisions Libres du Mali (URTEL), pour sa part la corruption prospère particulièrement dans un contexte où l’intérêt personnel prend le pas sur l’intérêt général et où l’instabilité politique fragilise l’État. Il souligne aussi que ses conséquences vont bien au-delà de la seule administration publique : elle entrave le développement économique, creuse les inégalités sociales, affaiblit les institutions, met à mal la gouvernance démocratique et peut même favoriser des dérives environnementales. Face à cette réalité préoccupante, il estime qu’une réponse efficace ne peut être que collective, reposant sur la transparence, le renforcement des institutions et une participation citoyenne active, afin de bâtir des sociétés plus justes et plus responsables.

De son côté Baba Boubacar Keïta, secrétaire général de la CPLC, rappelle que depuis dix ans, sans relâche et sans interruption, nous organisons chaque année ces moments d’échange avec los jeunes, notamment des étudiants, pour discuter et échanger avec eux sur la problématique de la corruption. Il a souligné que l’ESJSC, renommé une grande institution nationale et internationale, n’a pas été choisie de façon fortuite, nous avons choisie parce que nous savons que les journalistes et les communicateurs constituent un maillon essentiel dans la lutte contre la corruption. Si la corruption prospère dans l’obscurité, grâce aux communicants la lumière est faite pour éclaire ce qui est dans l’obscurité raison pour laquelle la dénonciation et du journalisme d’investigation, qui restent malheureusement très rares au Mali. Il s’agit d’un secteur à haut risque, un domaine particulièrement dangereux et nous avons vu des journalistes être assassinés à la suite de certaines révélations. C’est pourquoi nous sommes venus dans cette école pour vous montrer que nous comptons sur cette crème de la jeunesse en formation pour mener la lutte future contre la corruption.

Il a affirmé qu’au sein de la communauté de pratique, nous mettons également un accent particulier sur la protection des lanceurs d’alerte, dont les journalistes font partie car sans eux, les citoyens ne seraient informés de rien voilà pourquoi nous souhaitons échanger davantage afin que les journalistes s’engagent encore plus activement dans la lutte contre la corruption, car sans eux, rien ne pourra véritablement se faire.

Selon Baba, être journaliste n’est pas facile mais dit souvent que la presse constitue le quatrième pouvoir, c’est vrai, mais à condition que les trois premiers pouvoirs ne fassent pas coalition contre lui. Nous comprenons donc les difficultés auxquelles vous êtes confrontés et nous souhaitons que la jeunesse issue de cette grande école soit préparée pour l’avenir.

Le responsable du suivi-évaluation du projet LUCEG, Mahamadou Traoré, a précisé que l’objectif de la rencontre était de favoriser un échange d’informations et de renforcer la sensibilisation autour de la lutte contre la corruption, afin de stimuler l’engagement des différents acteurs. Selon lui, cette rencontre ambitionne non seulement de favoriser le partage d’informations, mais aussi de sensibiliser aux enjeux et perspectives liés à la lutte anticorruption, dans le but d’encourager un engagement accru des acteurs concernés. Mahamadou Traoré estime que les journalistes occupent un rôle essentiel dans ce combat, par leur travail d’enquête, d’analyse et d’information, ils contribuent à révéler les pratiques corruptives et les abus de pouvoir, à informer les citoyens de leurs droits et devoirs, à renforcer la redevabilité des institutions publiques et privées.

Cette conférence débat, animée par des experts nationaux engagés dans la lutte contre la corruption, a été marquée par des interventions de qualité. Parmi les panélistes figuraient le Dr Fatoumata Fofana, spécialiste en Sciences de l’Information et de la Communication, Yero Diallo, économiste, sociologue et spécialiste en passation des marchés publics, ainsi que Daouda Konaté, vice-président de la Maison de la Presse.

Les échanges, tenus à l’Ecole Supérieure de Journalisme et des Sciences de la Communication (ESJSC), ont mis un accent particulier sur le rôle et la crédibilité des journalistes dans la lutte contre la corruption. Les intervenants ont notamment expliqué les causes, les manifestations et les conséquences de la corruption, tout en insistant sur la responsabilité des professionnels des médias dans la sensibilisation et la dénonciation des pratiques corruptives.

Youma Aïssé Cissé

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