Accueil Corruption 10ème édition de lutte contre la corruption : Près de 20 000 personnes sensibilisées, dont 1 000 directement

10ème édition de lutte contre la corruption : Près de 20 000 personnes sensibilisées, dont 1 000 directement

by Nandi
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La 10ème édition de la Semaine de la jeunesse contre la corruption a été officiellement lancée le mardi 3 février 2026 au Centre International de Conférences de Bamako (CICB). Cette édition est placée sous le thème « 10 ans d’engagement contre la corruption : la jeunesse en première ligne pour construire l’intégrité de demain ».La cérémonie d’ouverture a été présidée par le représentant du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, en présence de représentants de la Mairie de la Commune III, de l’Ambassade du Canada au Mali, de l’Office Central de Lutte contre l’Enrichissement Illicite (OCLEI), du Projet d’Appui à la lutte contre la Corruption pour et par l’Égalité des Genres (LUCEG), ainsi que de la Communauté de Pratique en matière de Lutte contre la Corruption (CPLC).

La Semaine de la jeunesse contre la corruption vise à renforcer l’engagement des jeunes dans la lutte contre la corruption, tout en promouvant les valeurs d’intégrité, de transparence et de bonne gouvernance. Elle constitue un cadre de sensibilisation, de dialogue et de mobilisation citoyenne autour d’un phénomène qui entrave le développement économique et social et affecte particulièrement les femmes, les filles et les personnes en situation de vulnérabilité.

L’objectif principal de cette 10ème édition est de contribuer durablement à la lutte contre les pratiques corruptives et discriminatoires, à travers la mise en œuvre d’actions structurées de sensibilisation, de communication et de plaidoyer à l’échelle nationale. Cette édition accorde une attention particulière à l’intégration de l’égalité de genre et à la participation active des jeunes et des femmes en tant qu’acteurs du changement social. À cet effet, des activités de sensibilisation seront organisées à Bamako ainsi que dans les régions de Koulikoro, Sikasso, Ségou et Gao.

Les actions prévues permettront de sensibiliser environ 20 000 personnes, dont au moins 50 % de femmes et de filles, à travers :

  • des conférences-débats ;
  • des activités culturelles, artistiques et sportives ;
  • des campagnes de communication via les médias (radio, télévision et réseaux sociaux).

Dans son intervention, le Directeur pays du projet LUCEG a souligné que la stratégie du projet repose sur la promotion de changements culturels et comportementaux profonds, indispensables à l’éradication durable de la corruption. Il a rappelé que le projet accorde une attention particulière aux pratiques corruptives qui touchent spécifiquement les femmes et les filles, tout en saluant l’implication déterminante de la société civile dans l’atteinte des résultats.

Les données issues de l’étude sur la perception des jeunes, réalisée dans le cadre du projet JUPREC et actualisée par le LUCEG, confirment que la corruption demeure un frein majeur au développement et affecte de manière disproportionnée les populations vulnérables.

Selon Mariam Diama Sanogo, une enquête menée en 2023 par le projet LUCEG révèle que 64 % des jeunes se déclarent engagés dans la lutte contre la corruption, contre 58 % en 2019, traduisant une évolution positive de la prise de conscience et de l’engagement des jeunes.

Elle a indiqué que la célébration de la dixième édition de la semaine de la jeunesse contre la corruption constitue non seulement un moment de bilan, mais également le renouvellement d’un engagement collectif entre l’État, la société civile et la jeunesse, plaçant cette dernière au cœur de la construction de l’intégrité de demain.

Instituée par le Décret n°10-624/P-RM du 26 novembre 2010, la Semaine nationale de lutte contre la corruption a pour objectif d’informer l’opinion publique sur les actions entreprises et de renforcer la confiance entre les citoyens et les pouvoirs publics. Elle repose sur deux axes majeurs : la valorisation des efforts de lutte et la sensibilisation des populations.

Le représentant du ministère de la justice et des droits de l’homme, Ibrahim Berthé a rappelé que les jeunes sont particulièrement exposés à la corruption dans leurs interactions avec l’administration et le marché du travail. Il a souligné que la jeunesse, qui représente près de 60 % de la population malienne, dispose d’un potentiel considérable pour impulser des changements durables en matière de gouvernance et d’intégrité.

La cérémonie d’ouverture a enregistré la participation d’autorités gouvernementales, de responsables de l’OCLEI et de nombreux jeunes issus de différentes régions du pays. Les échanges ont mis en évidence une décennie d’actions concertées et la nécessité de consolider les acquis, notamment dans les secteurs de l’éducation, de l’emploi et de la gestion publique.

Les activités prévues tout au long de la semaine s’inscrivent dans la continuité des efforts nationaux visant à bâtir une société plus juste, transparente et respectueuse des principes de bonne gouvernance suivi avec un panel inaugural.

Ce panel a permis d’examiner plusieurs axes stratégiques, notamment :

  • L’analyse du rôle fédérateur de la Communauté de Pratique en matière de Lutte contre la Corruption (CPLC) et de l’École Nationale d’Administration Publique (ENAP), à travers la mise en œuvre des projets JUPREC et LUCEG, dans la lutte contre la corruption au Mali, présentée par Monsieur Dramane Yacouba Diallo, Chargé de mission auprès du Directeur pays ;
  • La présentation des bonnes pratiques et des initiatives portées par la jeunesse en matière de prévention et de lutte contre la corruption, assurée par Madame Mariétou Senou, Première Présidente de la CPLC ;
  • L’examen de la contribution de la Semaine de la jeunesse contre la corruption à la promotion de la participation des femmes et des autres personnes en situation de vulnérabilité dans la lutte anticorruption, exposée par Madame Mariam D. Sanogo, Présidente de la CPLC ;
  • L’évaluation du rôle de la Semaine de la jeunesse contre la corruption dans l’évolution des comportements, le changement de mentalités et les transformations structurelles liées à la lutte contre la corruption, présentée par Monsieur Boubacar Coulibaly, Président du Comité de suivi du Plan national d’actions de mise en œuvre des recommandations issues des États généraux sur la corruption et la délinquance financière au Mali.

Les travaux de ce panel ont permis de dresser un bilan des acquis enregistrés au cours des neuf dernières années et de formuler des orientations en vue de la consolidation et du renforcement des actions de lutte contre la corruption au Mali.

Kadiatou Traoré

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