
Moins d’attente désormais pour les justiciables et les prisons du Mali désormais encombrées. C’est l’objectif visé par la chambre criminelle de Bamako qui est désormais une réalité avec la tenue le mardi 10 février 2026 de sa première audience solennelle inaugurale. Elle entre dans le cadre de la Semaine nationale de la justice. Cette innovation est le fruit d’une réforme des codes pénaux.
Les audiences de la chambre criminelle de Bamako sont ouvertes. Le premier dossier a été jugé en présence de Dr. Boubacar Sidiki Diarrah, secrétaire général du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme. Selon lui, il y a des réformes majeures au niveau du code de procédure, parmi lesquelles, la suppression de la Cour d’assises. « Elles étaient des juridictions non permanentes. Elles ont été supprimées et remplacées par des chambres criminelles qui sont des juridictions permanentes. Ces chambres criminelles ont cette avantage, car elles permettent d’imprimer une certaine sévérité au jugement des dossiers criminelles », a-t-il expliqué.
A l’entendre, les cours d’assises causaient d’énormes problèmes, notamment il fallait de fonds suffisant ( 50 à 100 millions F CFA) pour les organiser et les dossiers étaient jugés deux sessions seulement par an.
« C’est une prouesse cette chambre criminelle parce qu’il y a eu des années dans ce pays où il n’y a pas eu d’assises. Les dossiers n’étaient pas traités avec une certaine diligence et cela causait la surpopulation carcérale, car si les dossiers n’étaient pas jugés, cela signifie que les accusés devraient toujours attendre dans les maisons centrales d’arrêt », a insisté le secrétaire général. Après avoir pris part à cette première audience de la chambre criminelle de Bamako, Dr. Aboubacar Sidiki Diarra a exprimé toute sa satisfaction. « Aujourd’hui, nous pouvons dire avec preuve à l’appui, à partir de la démonstration avec ce premier dossier de vol qualifié, association de malfaiteurs et coups et blessure volontaire, que la chambre criminelle est opérationnelle. L’accusé était détenu depuis 2022 et c’est en 2026 qu’il vient d’être jugé. Si les chambres criminelles existaient, parce que les audiences se tiennent chaque semaine, on n’aura pas des dossiers de 4 à 5 ans », a-t-il déclaré. Il a ajouté que maintenant à partir des tribunaux de grandes instances au niveau des communes respectives, les dossiers criminelles sont jugés et que si on n’est pas d’avis avec le délibéré, on peut interjeter appel et le dossier sera réexaminé au niveau de la Cour d’appel.
Il faut rappeler que les Cours d’assises ont existé depuis la loi de 1961, donc il fallait les améliorer pour moderniser la justice et renforcer les droits de l’accusé et ainsi que ceux de sa défense. Six dossiers étaient inscrits au rôle de cette première journée. Ils portaient essentiellement sur les faits d’association de malfaiteurs, vols et pédophilie.
Marie Dembélé