Communiqué du Ministère palestinien des Affaires Étrangères et des Expatriés : Depuis le début de l’agression, plus de 1 200 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie, dont 210 enfants
Le génocide se poursuit à l’aube de sa quatrième année : après trois années de guerre génocidaire, le peuple palestinien continue de résister et de défendre son droit à la vie et à la liberté
À l’occasion du troisième anniversaire du déclenchement d’une nouvelle phase de la guerre génocidaire et de l’agression menée contre le peuple palestinien dans la bande de Gaza, le ministère des Affaires étrangères et des Expatriés de l’État de Palestine condamne la poursuite, par Israël, puissance occupante illégale, de sa politique génocidaire à l’encontre du peuple palestinien, où qu’il se trouve.
Le ministère souligne que le bilan des Palestiniens tués depuis le début de cette agression ininterrompue dépasse désormais les 74 000 morts, dont 70 % de femmes et d’enfants, tandis que le nombre de blessés avoisine les 175 000. Près de 1 500 Palestiniens ont également été tués durant la seule période de cessez-le-feu.
Le peuple palestinien continue de subir quotidiennement des pertes humaines, et ses souffrances n’ont nullement pris fin avec l’annonce du cessez-le-feu. La poursuite des destructions, les restrictions imposées à l’acheminement de l’aide humanitaire et la fermeture des points de passage résultent du refus persistant d’Israël, puissance occupante, de respecter ses obligations, notamment celles découlant de la résolution 2803 du Conseil de sécurité et du plan du président Trump. Bien au contraire, Israël a intensifié ses violations en maintenant son occupation de 70 % du territoire de la bande de Gaza, dans le but d’imposer une nouvelle réalité sur le terrain.
Le ministère insiste sur l’ampleur exceptionnelle des crimes commis et de la catastrophe humanitaire qui en résulte. Israël a multiplié les exactions, allant de l’utilisation de la famine, du viol et des violences sexuelles comme armes de guerre à la banalisation des bombardements visant des infrastructures civiles protégées, notamment les hôpitaux et les écoles. Les centres d’hébergement et les tentes abritant les personnes déplacées n’ont pas davantage été épargnés.
Le ministère souligne que l’impunité dont bénéficie Israël l’a encouragé à poursuivre et à intensifier ces crimes, en dépit des résolutions des Nations unies, de certaines prises de position courageuses de la communauté internationale et des mesures conservatoires ordonnées par la Cour internationale de Justice, notamment celles visant à prévenir les actes relevant de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide.
Le ministère rappelle que la situation dans la bande de Gaza ne saurait être dissociée de la réalité coloniale imposée au peuple palestinien sur l’ensemble du territoire occupé de l’État de Palestine.
En Cisjordanie, y compris à Jérusalem, les politiques de nettoyage ethnique et de déplacement forcé se poursuivent à travers l’annexion, l’expansion des colonies, le terrorisme des colons, la spoliation des ressources et des fonds palestiniens, ainsi que la multiplication des meurtres, des agressions, des arrestations, des démolitions de logements et des confiscations de terres. À cela s’ajoutent l’installation de barrages et de portails métalliques qui entravent la liberté de circulation et constituent, dans leur ensemble, une menace existentielle pour le peuple palestinien. Depuis le début de l’agression, plus de 1 200 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie, dont 210 enfants.
Le ministère affirme que la communauté internationale se trouve aujourd’hui confrontée à une véritable épreuve de crédibilité quant à son attachement à un ordre international fondé sur le droit. L’impunité persistante dont jouit la puissance occupante représente un danger qui dépasse largement le seul peuple palestinien : elle menace l’ensemble de l’édifice du droit international ainsi que les principes de justice et de responsabilité sur lesquels repose le système international.
Le refus de reconnaître, voire la négation du caractère génocidaire des crimes commis dans la bande de Gaza, au regard du droit international et des rapports des Nations unies, a encouragé Israël à poursuivre ses agissements criminels et à se comporter comme un État hors-la-loi.
Il appartient dès lors à la communauté internationale d’agir pour mettre un terme à ce système illégal et de dépasser le stade des déclarations pour adopter des mesures concrètes destinées à combattre et, à terme, à démanteler le système colonial israélien.
Ces mesures doivent notamment comprendre l’imposition de sanctions contre Israël et les colons, l’interdiction des livraisons d’armes, la prohibition de l’importation des produits issus des colonies ainsi que de toute relation commerciale, directe ou indirecte, avec celles-ci. Elles doivent également prévoir des sanctions à l’encontre des entités, des personnes physiques et des entreprises qui y exercent leurs activités.
Le ministère des Affaires étrangères et des Expatriés appelle la communauté internationale à œuvrer pour mettre fin, dans les plus brefs délais, à l’occupation israélienne illégale et à garantir l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien à l’autodétermination, à l’indépendance et au retour, conformément aux résolutions des Nations unies, à l’Initiative de paix arabe ainsi qu’à la Déclaration de New York et à son annexe.
Il souligne également la nécessité d’assurer une protection internationale au peuple palestinien et à son territoire, qui constitue une seule et même entité géographique, et réaffirme que la bande de Gaza fait partie intégrante du territoire de l’État de Palestine, dont Jérusalem est la capitale.
Après trois années de guerre génocidaire, le ministère réaffirme que la justice ne saurait être sélective, que la paix ne peut se construire sur l’impunité ni au détriment de l’intégrité territoriale et de la réalité démographique d’un peuple sous occupation, et qu’aucune stabilité durable ne peut être envisagée tant que l’occupation persiste.
Le moment est venu de passer du constat des violations à leur prévention, des déclarations aux actes, de la gestion du conflit à son règlement définitif, et de la préservation du statu quo à l’application effective du droit international.Ambassade de l’Etat de Palestine – Bamako





