À l’issue d’une vérification de performance portant sur la période du 1er janvier 2022 au 30 septembre 2025, le Bureau du Vérificateur Général (BVG) a identifié plusieurs insuffisances susceptibles d’affecter l’efficacité des actions de l’Institut National de Santé Publique (INSP). Gouvernance, surveillance épidémiologique, gestion des ressources humaines et politique Genre figurent parmi les principaux domaines concernés. Le rapport préconise une série de mesures correctives visant à améliorer le fonctionnement de l’établissement et à renforcer sa capacité à remplir ses missions de santé publique.
Les principales constatations et les recommandations formulées pour corriger les lacunes identifiées se présentent comme suit :
L’équipe de vérification a constaté que le fonctionnement peu efficace des organes d’administration et de gestion compromet l’atteinte des objectifs de l’INSP. Ces insuffisances portent sur la non-fixation des orientations générales de l’INSP par le Conseil d’Administration (CA) ; la non-tenue de toutes les sessions du CA ; la non-élaboration des rapports annuels du CA ; la non-soumission de certains actes d’administration et de gestion à l’autorisation ou à l’approbation expresse de l’autorité de tutelle ; la non-consultation du Comité Scientifique et Technique sur certains actes et documents avant leur adoption ; la non-consultation du Comité de Gestion sur certains actes de gestion ; la non-soumission dans les délais règlementaires des projets de budgets à l’approbation du CA.
Elle a recommandé au Président du Conseil d’Administration de l’INSP de veiller à la fixation des orientations générales de l’INSP par le CA ; de veiller à la tenue régulière des sessions du CA ; de veiller à l’élaboration des rapports annuels du CA et à leur soumission à l’approbation du Ministre de tutelle.
Au Directeur Général de l’INSP, l’équipe de vérification a demandé de soumettre à son département de tutelle tous les actes administratifs et de gestion dont l’approbation expresse est requise ; de consulter obligatoirement le Comité Scientifique et Technique sur les documents qui nécessitent cette consultation ; de consulter le Comité de gestion sur les documents qui nécessitent son avis et de soumettre les documents budgétaires à l’approbation du CA dans le délai requis.
Gestion du système de veille sanitaire et de la surveillance épidémiologique
La mission a constaté que les lacunes dans la gestion du système de veille sanitaire compromettent l’efficacité de l’INSP à renforcer les capacités nationales en matière de qualité des analyses biomédicales, de biosécurité et de bio sureté. Ces lacunes sont relatives au déficit d’approvisionnement en réactifs pour les examens de confirmation et de diagnostic de routine ; à la faiblesse du nombre de paramètres de surveillance soumis à une évaluation externe de la qualité des analyses et à la non-soumission des paramètres de diagnostic de routine à une évaluation externe de la qualité des analyses.
Il a été recommandé au Directeur Général de l’INSP de mettre en place un mécanisme de financement sur ressources internes pour l’achat des réactifs ; de mettre en place un système informatisé de gestion des stocks intégrant des seuils d’alerte, un suivi en temps réel et des procédures normalisées de gestion en vue de prévenir les ruptures, les pertes et les erreurs d’inventaire ; de soumettre l’ensemble des paramètres de surveillance et de diagnostic de routine à une évaluation externe de la qualité des analyses.
Gestion des ressources humaines
L’équipe de vérification a constaté que la gestion des ressources humaines de l’INSP ne favorise pas son fonctionnement efficace. Ces insuffisances sont relatives à la mauvaise tenue des dossiers du personnel contractuel et à l’inefficacité dans la gestion des postes à pourvoir.
Il a été recommandé au Directeur Général de l’INSP de pourvoir régulièrement les postes prévus dans le cadre organique.
Quant au Chef de Service des Ressources Humaines de l’INSP, il devrait veiller à la bonne tenue des dossiers du personnel.
Mise en œuvre de la politique Genre
L’équipe de vérification a constaté que la politique de promotion du Genre, notamment celle des femmes dans les fonctions nominatives, est mise en œuvre à l’INSP. Toutefois, la composition de certains comités, à travers des nominations peu inclusives, est susceptible d’atténuer cette performance.
Elle a recommandé au Ministre chargé de la Santé de veiller au respect de la proportion minimale de personnes de l’un ou de l’autre sexe dans les nominations au sein du Comité Scientifique et technique et du Comité d’éthique de l’INSP.
Oumou Kané



