Au Mali, la sauvegarde du patrimoine s’invente aussi au cœur des villages à travers les « banques culturelles », les communautés ne sont plus de simples gardiennes de leur histoire mais elles participent directement à la conservation des objets qui racontent leur identité, tout en pouvant s’appuyer sur ce patrimoine pour soutenir leurs activités économiques. Pour Hassan Albalawi, ambassadeur de l’Etat de la Palestine au Mali, cette expérience malienne constitue une approche originale qui rapproche la préservation culturelle, le développement local et l’autonomisation des populations.
En 2013, séjournais en France dans le cadre d’une année scolaire à l’Ecole nationale d’administration française (ENA) à Strasbourg. Hassan Albalawi étant stagiaires au musée du Louvre à Paris, consacré aux médias et à la communication.
Cette expérience lui a permis d’échanger avec des responsables français chargés des musées, du patrimoine et de la coopération culturelle, étant un invité à l’atelier organisé à Paris autour de la protection des monuments et du patrimoine dans les périodes de guerre et de conflit, il a découvert l’expérience malienne des banques culturelles qui lui avait frappé, mais qui n’était pas seulement l’idée de protéger des objets anciens ou de mettre des collections à l’abri pendant les conflits. Cependant l’approche malienne allait beaucoup plus loin mais elle proposait de rapprocher le patrimoine, les populations, l’économie locale et le développement. Et plus de dix ans plus tard, cette idée allait prendre un tout autre sens pour lui.
Apprenant qu’il était nommé au Mali comme ambassadeur de l’Etat de Palestine, le souvenir des banques culturelles est naturellement revenu à sa mémoire et son arrivée à Bamako, où il a eu l’occasion de visiter le musée national, ayant qu’une histoire commencée depuis Paris en 2013 venait de se poursuivre à Bamako.
Le Dr Daouda Keïta, archéologue et chercheur malien, lui a accueilli au musée national et lui a permis d’approfondir ces connaissances grâce à plusieurs documents et études consacrés à cette expérience, sachant que le Mali possède un patrimoine culturel et archéologique exceptionnel et c’est à ce niveau que l’expérience des banques culturelles apporte une réponse originale. L’histoire de cette expérience ne commence ni dans un grand ministère ni dans une institution internationale mais elle trouve ses racines dans les communautés elles-mêmes.
Il souligne que le Mali et la Palestine ont des histoires, des réalités et des contextes profondément différents mais une préoccupation commune qui existe comment protéger une mémoire lorsque son patrimoine est menacé ! Et c’est de là que l’expérience malienne soulève une question qui pourrait être utile à bien d’autres sociétés c’est pourquoi la protection du patrimoine devrait-elle être uniquement l’affaire des musées et des institutions centrales.
Une coopération entre le Mali et la Palestine, selon lui cette pensée va s’ouvrir une possibilité concrète de coopération entre le Mali et la Palestine, en s’organisant un atelier pour réunir les archéologues, responsables de musées, universitaires, experts du patrimoine et représentants des communautés locales entre autres.
Cependant, pour sa part, le Mali pourrait partager son expérience des banques culturelles : depuis l’initiative portée par les femmes de Fombori jusqu’à la conservation des collections, la documentation, la gestion des prêts, quant à Palestine pourrait partager son expérience de protection du patrimoine dans un contexte marqué par l’occupation et ainsi que le travail mené par ses musées, ses universités, ses centres culturels et ses institutions locales, pour réfléchir ensemble à la manière de l’adapter aux réalités de chaque communauté
Youma A Cissé




