L’Office du Niger a tenu, ce mardi à Bamako, la 58ème session ordinaire de son Conseil d’administration, une rencontre consacrée à l’examen du bilan de l’exercice 2025 ainsi qu’aux orientations stratégiques devant conduire la plus grande zone irriguée du Mali vers une nouvelle dynamique de développement agricole et agro-industriel.
La session s’est déroulée dans la salle de conférence de la Direction des Finances et du Matériel du Ministère de l’Agriculture, sous la présidence du Président Directeur Général de l’Office du Niger, Dr Samba Bocary TOUNKARA, en présence des administrateurs.
Dans son allocution d’ouverture, le Président Directeur Général de l’Office du Niger a exprimé sa reconnaissance aux plus hautes autorités du pays pour leur confiance et leur accompagnement dans la conduite des missions de l’Office du Niger. Il a souligné que les orientations stratégiques définies par les Autorités constituent le socle de la transformation de l’Office en un véritable pôle de développement agro-industriel.
Le Dr Samba Bocary TOUNKARA a particulièrement rendu hommage aux exploitants agricoles, saluant leur engagement et leur résilience face aux défis sécuritaires. « Malgré un contexte complexe et les menaces qui pèsent sur leur quotidien, ils continuent de cultiver la terre pour nourrir le Mali », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’exercice 2025 a été fortement affecté par les actions des groupes armés terroristes ainsi que par plusieurs contraintes techniques, notamment les difficultés d’accès aux intrants agricoles et l’entretien insuffisant des réseaux d’irrigation.
Les résultats présentés au Conseil font apparaître des niveaux de production inférieurs aux objectifs initialement fixés. En riziculture, l’Office du Niger a exploité 134 200 hectares, soit 94,33 % des superficies programmées. Avec un rendement moyen de 5,83 tonnes par hectare, la production s’est établie à 782 400 tonnes de riz paddy, représentant 85,32 % des prévisions. Le maraîchage a enregistré 10 900 hectares aménagés sur une prévision de 15 400 hectares, soit un taux de réalisation de 70,40 %, pour une production globale de 301 300 tonnes, correspondant à 66,69 % des objectifs. Quant aux cultures de diversification, 4 000 hectares ont été mis en valeur sur les 7 200 hectares prévus, générant une production de 63 400 tonnes, soit 47,29 % des prévisions.
Malgré les difficultés, l’Office du Niger affiche des indicateurs financiers jugés satisfaisants. Les recettes issues de la redevance-eau ont atteint 6,41 milliards de FCFA, représentant un taux de recouvrement de 89,12 %. Les financements extérieurs mobilisés se sont élevés à 5,53 milliards de FCFA, grâce notamment aux concours de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), de la Banque Allemande KfW et du Royaume des Pays-Bas pour la mise en œuvre de plusieurs projets d’irrigation et d’amélioration de la productivité de l’eau.
À la clôture de l’exercice, l’Office du Niger présente : un chiffre d’affaires de 7,75 milliards de FCFA ; un résultat net bénéficiaire de 1,22 milliard de FCFA ; un total de bilan de 75,8 milliards de FCFA. Président Le Directeur Général a toutefois précisé que ce résultat exceptionnel découle principalement du report du Programme Annuel d’Entretien 2025, consécutif à la signature tardive du Contrat-plan 2025-2029 ainsi que de son arrêté d’exonération.
Au-delà du bilan financier, cette session a permis de faire le point sur les grandes réformes engagées pour moderniser durablement le géant de la riziculture au Mali et dans la sous-région. Le Dr Samba Bocary TOUNKARA a annoncé l’achèvement du processus d’élaboration de la Stratégie de Développement Global de l’Office du Niger à l’horizon 2063 (SDG-ON 2063) ainsi que du Plan d’Action pour le Renouveau de l’Office du Niger (PAR-ON). Cette vision de long terme s’inscrit dans la dynamique de la Vision nationale « Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma », de la Stratégie Nationale pour l’Émergence et le Développement Durable (SNEDD 2024-2033) ainsi que du projet prioritaire « FARAFINA JIGINÈ, nourrir le Mali et la sous-région ».
Le patron de l’Office du Niger a également indiqué que plusieurs concertations ont été engagées avec les Ministères, les Institutions de la République ainsi que les Partenaires Techniques Et Financiers afin de mobiliser les ressources nécessaires à la transformation de l’Office du Niger en véritable puissance agro-industrielle.
Évoquant les perspectives, le Président Directeur Général a rappelé que la campagne agricole 2026-2027, lancée le 25 juin dernier à Ségou par le Ministre de l’Agriculture, traduit une volonté commune de relancer durablement la production agricole nationale.
Il a enfin renouvelé ses remerciements aux Autorités de la Transition, aux Forces Armées Maliennes (FAMa), aux exploitants agricoles, aux agents de l’Office du Niger ainsi qu’aux Partenaires Techniques Et Financiers, notamment la Coopération Allemande et la Coopération Néerlandaise, pour leur engagement en faveur du développement de l’agriculture irriguée dans notre pays.
Au cours des travaux, le Conseil a adopté les procès-verbaux des 56ème et 57ème sessions avant d’examiner le niveau de mise en œuvre des recommandations formulées lors de la précédente réunion. Les administrateurs ont également passé en revue les états financiers de l’exercice 2025, le rapport annuel de gestion ainsi que le rapport général du Commissaire aux comptes arrêté au 31 décembre 2025.
À travers cette 58ème session ordinaire, le Conseil d’administration de l’Office du Niger réaffirme ainsi son ambition de faire de cette institution stratégique un moteur de la souveraineté alimentaire, de la croissance économique et du développement rural durable au Mali.
Source : CCRP/ON



