{"id":18190,"date":"2024-04-21T17:49:58","date_gmt":"2024-04-21T15:49:58","guid":{"rendered":"https:\/\/nandi.info\/?p=18190"},"modified":"2024-04-21T17:50:08","modified_gmt":"2024-04-21T15:50:08","slug":"dossier-trafic-de-bois-precieux-du-mali-omerta-sur-un-desastre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nandi.info\/?p=18190","title":{"rendered":"Dossier : trafic de bois pr\u00e9cieux du Mali : Omerta sur un d\u00e9sastre"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Selon les r\u00e9sultats de l\u2019inventaire forestier national, le Mali perd pr\u00e8s de 100&nbsp;000 ha de for\u00eat chaque ann\u00e9e. Avec une consommation d\u2019un m3\/Pers\/an, le Mali pourrait connaitre un d\u00e9ficit en bois \u00e9nergie, \u00e0 partir de 2030. Sur les 32 millions d\u2019hectares de for\u00eats recens\u00e9s en 2002, il ne reste qu\u2019environ 17 millions. Un nouveau fl\u00e9au est venu accentuer la d\u00e9sertification&nbsp;: le trafic de bois pr\u00e9cieux vers la Chine. Un trafic frapp\u00e9 par la loi du silence.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mai 2022. Il est 22 heures non loin d\u2019une petite bourgade dans la r\u00e9gion de Kita. Amadou Traor\u00e9, un jeune lanceur d\u2019alerte, ne supportant plus \u00ab&nbsp;les bruits dans la for\u00eat&nbsp;\u00bb et intrigu\u00e9 par les incessants voyages de remorques charg\u00e9es de tronc d\u2019arbres, fait des photos et lancent l\u2019alerte. Il n\u2019en fallait pas plus pour mettre \u00e0 jour un trafic souterrain de bois de v\u00e8ne, d\u00e9j\u00e0 vieux de plusieurs ann\u00e9es et mettant en p\u00e9ril, plus que les for\u00eats maliennes, l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me d\u00e9j\u00e0 fragile du pays.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;\u00c7a m\u2019a co\u00fbt\u00e9 mon poste&nbsp;\u00bb. Un ancien responsable d\u2019une structure des Eaux et For\u00eats du Mali confirme l\u2019existence du trafic de bois pr\u00e9cieux au Mali \u00ab&nbsp;depuis des ann\u00e9es&nbsp;\u00bb. \u00ab&nbsp;Quand vous tentez de vous opposer, c\u2019est l\u00e0 o\u00f9 vous vous rendez compte que c\u2019est tentaculaire. Il y a eu des rapports, des audits, des alertes, des mises en garde, mais, \u00e7a persiste&nbsp;\u00bb, explique notre interlocuteur.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019ailleurs, Amadou Traor\u00e9, celui qui a lanc\u00e9 l\u2019alerte, a d\u00fb quitter le Mali, affirmant que sa vie est en danger.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Mali dispose de 112 for\u00eats class\u00e9es et p\u00e9rim\u00e8tres de protection d\u2019une superficie de 1.338.991 ha, soit moins de 1 % de la superficie de notre pays qui fait 1 240 000 km2. \u00ab&nbsp;Nos for\u00eats class\u00e9es font l\u2019objet d\u2019occupation anarchique entrainant leur d\u00e9gradation. Les principaux facteurs de ces d\u00e9gradations sont l\u2019agriculture (le nomadisme agricole), la transhumance et la divagation d\u2019animaux domestiques. Mais, la cause la plus grave, qui fait objet d\u2019Omerta, de loi du silence, est le trafic de bois&nbsp;\u00bb, explique encore notre interlocuteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Le bois qui fait l\u2019objet de ce trafic a un nom&nbsp;: le bois de v\u00e8ne (Pterocarpus erinaceus), \u00e9galement connu sous le nom de \u201cweng\u00e9\u201d ou \u201cvene\u201d. C\u2019est un arbre de 20 \u00e0 40 m\u00e8tres de haut, de couleur rose, rouge\u00e2tre aux fleurs jaunes, qui a la particularit\u00e9 de se reproduire difficilement. Il a remplac\u00e9 chez les parfumeurs et les \u00e9b\u00e9nistes du monde, le bois de rose. L\u2019essence de bois de rose venait exclusivement du Br\u00e9sil, dans la for\u00eat amazonienne. Cet arbre a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert par des botanistes en 1925.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019association Robin des Bois s\u2019est fait conna\u00eetre dans la contestation de l\u2019utilisation des bois tropicaux et dans la pr\u00e9servation des for\u00eats tropicales. Cette association a lutt\u00e9 d\u00e8s 1995 pour faire renoncer les grandes maisons de parfum \u00e0 utiliser ce bois pr\u00e9cieux dans le parfum.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a donc fallu trouver d\u2019autres solutions pour remplacer ce bois de rose. Le bois de v\u00e8ne, au Mali, pousse dans des zones de Kayes, Koulikoro et Sikasso. \u00ab&nbsp;Le pillage concerne toutes ses zones&nbsp;\u00bb, explique encore notre ancien responsable, toujours am\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Le bois de v\u00e8ne est recherch\u00e9 pour sa qualit\u00e9 et sa couleur attrayante, ce qui en fait un mat\u00e9riau pris\u00e9 dans l\u2019industrie du bois, en particulier pour la fabrication de meubles, d\u2019objets artisanaux et d\u2019instruments de musique. Sa demande croissante a conduit \u00e0 une exploitation excessive, mettant en danger les populations naturelles de bois de v\u00e8ne et entra\u00eenant des cons\u00e9quences n\u00e9fastes sur l\u2019\u00e9quilibre \u00e9cologique et la biodiversit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Normalement, nous explique-t-on au minist\u00e8re de l\u2019Environnement, pour exploiter une for\u00eat, il y a une proc\u00e9dure. Il faut s\u2019entendre avec le village, donc pr\u00e9senter un document de consentement du village, pr\u00e9senter un plan de reboisement, pr\u00e9ciser les esp\u00e8ces concern\u00e9es, s\u2019assurer que ces esp\u00e8ces ne sont pas sur la liste des bois en danger et dont la coupe est interdite, et surtout avoir un certificat&nbsp;<em>Cites<\/em>. Il y a beaucoup de faiblesses dans cette proc\u00e9dure&nbsp;\u00bb, reconna\u00eet notre interlocuteur.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bois braconn\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La Convention sur le commerce international des esp\u00e8ces de faune et de flore sauvages menac\u00e9es d\u2019extinction, Cites ou Convention de Washington, est un accord international entre Etats. Elle a pour but de veiller \u00e0 ce que le commerce international des sp\u00e9cimens d\u2019animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des esp\u00e8ces auxquels ils appartiennent. La Cites a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e lors d\u2019une r\u00e9union de repr\u00e9sentants de 80 pays \u00e0 Washington, le 3 mars 1973, le 1<sup>er<\/sup>&nbsp;juillet, la Convention entrait en vigueur.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 les garde-fous, dans son rapport 2023,&nbsp;<em>l\u2019Agence d\u2019Investigation Environnementale (EIA)<\/em>, tire la sonnette d\u2019alarme pour ce qui concerne le trafic de bois pr\u00e9cieux du Mali.<\/p>\n\n\n\n<p><em>L\u2019Environmental Investigation Agency (EIA)<\/em>&nbsp;ou Agence d\u2019Investigation Environnementale fait campagne pour pr\u00e9venir les crimes contre la faune et l\u2019environnement. Les enqu\u00eateurs de l\u2019EIA travaillent sous couverture pour rassembler des films, des photos et des informations du monde entier. Les preuves qu\u2019ils recueillent sont pr\u00e9sent\u00e9es aux m\u00e9dias, au gouvernement et aux d\u00e9cideurs politiques afin d\u2019informer et de persuader que des mesures doivent \u00eatre prises afin de prot\u00e9ger les esp\u00e8ces, les habitats et les \u00e9cosyst\u00e8mes vitaux de la plan\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Son rapport 2023, intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Bois Braconn\u00e9&nbsp;\u00bb, porte principalement sur le Mali. L\u2019EIA montre comment \u00ab&nbsp;le commerce ill\u00e9gal et non durable du bois de rose du Mali a aliment\u00e9 la corruption, fait pression sur les communaut\u00e9s et a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 pour faciliter le trafic d\u2019ivoire entre l\u2019Afrique de l\u2019Ouest et la Chine&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Les conclusions de l\u2019EIA indiquent \u00e9galement que des permis d\u2019exportation Cites non valides (auxquels manquent certaines informations essentielles) ont \u00e9t\u00e9 couramment utilis\u00e9s pour exporter du bois rose du Mali vers la Chine. Le commerce ill\u00e9gal de bois rose a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 un canal pour le trafic d\u2019ivoire, facilitant notamment la contrebande de d\u00e9fenses d\u2019\u00e9l\u00e9phants du Gourma (<em>Loxodonta africana<\/em>) vers la Chine. Les populations d\u2019\u00e9l\u00e9phants du Gourma ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites comme \u00e9tant au bord de l\u2019an\u00e9antissement. Selon le rapport de l\u2019EIA, la violation de la loi malienne, qui interdit notamment l\u2019exportation de grumes de&nbsp;<em>Pterocarpus erinaceus<\/em>, s\u2019est pr\u00e9tendument appuy\u00e9e sur des pratiques de corruption bien huil\u00e9es qui impliqueraient des membres du minist\u00e8re de l\u2019Environnement, de l\u2019Assainissement et du D\u00e9veloppement durable et de l\u2019administration foresti\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Le leadership des pays d\u2019Afrique de l\u2019Ouest et la dynamique de la Cites ont conduit AP Moller-Maersk, la plus grande compagnie maritime du monde, \u00e0 prendre un double engagement imm\u00e9diat : cesser de transporter les cargaisons de&nbsp;<em>Pterocarpus erinaceus<\/em>&nbsp;depuis le Mali et soutenir l\u2019\u00e9ventuelle interdiction r\u00e9gionale par des efforts accrus de diligence raisonnable. L\u2019EIA attend avec impatience que la Mediterranean Shipping Company (MSC) et la Compagnie Maritime d\u2019Affr\u00e8tement-Compagnie G\u00e9n\u00e9rale Maritime (CMA-CGM), les deux autres grandes compagnies qui seraient impliqu\u00e9es dans le transport de cargaisons de bois ill\u00e9gal en provenance du Mali, se joignent \u00e0 cet effort.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon l\u2019analyse de l\u2019EIA, en avril 2022, de plus de 3 millions de tonnes et plus de 2 milliards de dollars de bois rose ont \u00e9t\u00e9 commercialis\u00e9 ill\u00e9galement entre l\u2019Afrique de l\u2019Ouest et la Chine.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant la Cites et le rapport de l\u2019EIA, le Bureau du v\u00e9rificateur avait produit un rapport alarmant sur la question. En effet, le V\u00e9gal avait men\u00e9 une \u00ab&nbsp;<em>v\u00e9rification financi\u00e8re et de conformit\u00e9 qui porte sur la gestion de l\u2019exploitation du bois au Mali au titre des exercices 2020 (1er avril au 31 d\u00e9cembre) et 2021 (1er janvier au 9 d\u00e9cembre)&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>124 conteneurs de bois de rose malien saisis<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette v\u00e9rification avait pour objectif de s\u2019assurer de la r\u00e9gularit\u00e9 des op\u00e9rations de gestion de l\u2019exploitation du bois d\u2019\u0153uvre ou de sciage. Les travaux ont concern\u00e9 l\u2019examen des processus de d\u00e9livrance de titres d\u2019exploitation, de transport, d\u2019exportation et des d\u00e9cisions prises pour leur encadrement.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Le Directeur national des Eaux et For\u00eats d\u00e9tient ill\u00e9galement les permis d\u2019exportation Cites de quatre exploitants forestiers. Il ne leur a pas remis 64 permis d\u2019exportation Cites qu\u2019il a lui-m\u00eame renouvel\u00e9s en octobre 2021 sur la base de permis de coupe r\u00e9guli\u00e8rement d\u00e9livr\u00e9s avant la d\u00e9cision de suspension de l\u2019exploitation du bois d\u2019\u0153uvre ou de sciage.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Minist\u00e8re de l\u2019Environnement, de l\u2019Assainissement et du D\u00e9veloppement durable a favoris\u00e9 une soci\u00e9t\u00e9 exportatrice de bois au d\u00e9triment de quatre autres. Il a demand\u00e9 par lettre n\u00b000317\/MEADD-SG du 24 mai 2021 au Ministre de l\u2019Industrie, du Commerce et de la Promotion des Investissements d\u2019autoriser ses structures \u00e0 satisfaire aux requ\u00eates d\u2019intention d\u2019exportation sur la base des permis d\u2019exportation Cites d\u00e9livr\u00e9s avant la p\u00e9riode de suspension et mis \u00e0 jour par la Direction nationale des Eaux et For\u00eats. Cette mesure \u00e9tait limitative alors qu\u2019une mesure g\u00e9n\u00e9rale de lev\u00e9e de suspension avait \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9e&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le V\u00e9gal recommandait d\u00e9j\u00e0 au Ministre charg\u00e9 de l\u2019Environnement de \u00ab&nbsp;veiller au respect des proc\u00e9dures de suspension de l\u2019exploitation du bois conform\u00e9ment \u00e0 la r\u00e9glementation en vigueur ; de motiver les d\u00e9cisions prises en mati\u00e8re de suspension de l\u2019exploitation foresti\u00e8re et la poursuite devant les juridictions pour d\u00e9livrance irr\u00e9guli\u00e8re de permis Cites \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 ; d\u00e9tention ill\u00e9gale de permis Cites de quatre exploitants forestiers et application limitative de la mesure g\u00e9n\u00e9rale de lev\u00e9e de la suspension d\u2019exploitation du bois&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre for\u00eat est pill\u00e9e au profit de la Chine. Haibing Ma, expert de politique asiatique pour&nbsp;<em>l\u2019Environmental Investigation Agency&nbsp;<\/em>(EIA) bas\u00e9e \u00e0 Londres, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 Voice of America&nbsp;: \u00ab&nbsp;Des trafiquants chinois, en collusion avec des hommes d\u2019affaires et des autorit\u00e9s au S\u00e9n\u00e9gal et au Mali, parviennent \u00e0 exploiter les for\u00eats maliennes en versant des pots-de-vin aux chefs de villages locaux&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le trafic de bois coup\u00e9 au Mali serait principalement pass\u00e9 par le S\u00e9n\u00e9gal, notamment par le port de Dakar. Selon la plateforme de protection des lanceurs d\u2019alerte (PPLAAF), qui a financ\u00e9 un consortium de journalistes s\u00e9n\u00e9galais, en ao\u00fbt 2022, les autorit\u00e9s s\u00e9n\u00e9galaises ont saisi 124 conteneurs de bois de rose malien. Le Mali serait parvenu \u00e0 lever la saisie en invoquant une exception de la Cites. \u00ab&nbsp;Depuis, les trafiquants Maliens passent par la Mauritanie&nbsp;\u00bb, soutient le consortium.<\/p>\n\n\n\n<p>Les exportations maliennes de kosso vers la Chine se sont acc\u00e9l\u00e9r\u00e9es au premier trimestre 2017, lorsque l\u2019inscription de l\u2019esp\u00e8ce \u00e0 l\u2019Annexe II est entr\u00e9e en vigueur. Les commer\u00e7ants ont d\u00e9clar\u00e9 aux enqu\u00eateurs de l\u2019EIA que l\u2019exploitation du kosso au Mali a commenc\u00e9 de mani\u00e8re sporadique en 2012-2013 et s\u2019est implant\u00e9e dans le pays en 2014-2015, lorsque les pays voisins ont commenc\u00e9 \u00e0 lutter contre le commerce ill\u00e9gal.<\/p>\n\n\n\n<p>Les for\u00eats o\u00f9 pousse naturellement le kosso au Mali sont situ\u00e9es dans les trois r\u00e9gions du sud, Kayes, Koulikoro et Sikasso. Selon les conclusions de l\u2019EIA, les \u00e9quipes d\u2019exploitation foresti\u00e8re ont d\u2019abord saccag\u00e9 les for\u00eats de Sikasso, Bougouni et Yanfolila, entre 2013 et 2015. Une fois que les arbres commerciaux se sont rar\u00e9fi\u00e9s, l\u2019exploitation s\u2019est d\u00e9plac\u00e9e vers les zones foresti\u00e8res de Koulikoro, Kita et Kangaba de 2015 \u00e0 2018. Depuis 2018, les \u00e9quipes d\u2019exploitation foresti\u00e8re se sont concentr\u00e9es sur les derni\u00e8res populations sauvages de kosso subsistantes situ\u00e9es dans les r\u00e9gions maliennes voisines de la Guin\u00e9e et du S\u00e9n\u00e9gal, notamment K\u00e9ni\u00e9ba, Zones foresti\u00e8res de Didjan et Fadougou.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des acteurs de l\u2019ombre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le commerce aurait entra\u00een\u00e9 le d\u00e9clin des populations de kosso dans diverses r\u00e9gions foresti\u00e8res du sud du Mali. Le commer\u00e7ant chinois connu localement sous le nom de \u00ab Frank \u00bb et son partenaire commercial, qui r\u00e9alise la plus grande op\u00e9ration de commerce de bois de rose du Mali, auraient \u00e9galement \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9s dans la contrebande d\u2019ivoire entre le Mali et la Chine, depuis 2017 jusqu\u2019en 2020 au moins. \u00ab&nbsp;De l\u2019ivoire est sorti clandestinement d\u2019Afrique chaque ann\u00e9e, cach\u00e9 dans des b\u00fbches \u00e9quarries de bois de rose, y compris des d\u00e9fenses d\u2019\u00e9l\u00e9phants du Gourma braconn\u00e9s&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon les conclusions de l\u2019EIA, le commerce ill\u00e9gal du kosso en provenance du Mali est le monopole de la soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale Industrie du Bois SARL (GIB), d\u2019Aboubacrine Sidick Ciss\u00e9. \u00ab&nbsp;Les enqu\u00eateurs de l\u2019EIA ont d\u00e9couvert un circuit de corruption bien huil\u00e9 dans la capitale Bamako, o\u00f9 des personnes envoy\u00e9es par l\u2019entreprise auraient \u00e9t\u00e9 responsables de la distribution de l\u2019\u00e9quivalent de plus de 20 000 $ US en esp\u00e8ces \u00e0 des membres du minist\u00e8re de l\u2019Environnement, de l\u2019Assainissement et du D\u00e9veloppement durable, la Direction de l\u2019Administration foresti\u00e8re (Service des Eaux et For\u00eats) et la Direction du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019EIA n\u2019a pas re\u00e7u de r\u00e9ponse \u00e0 ses multiples demandes d\u2019Aboubacrine Sidick Ciss\u00e9 ni de Mamadou Gackou, ancien directeur national de l\u2019administration foresti\u00e8re (Service des Eaux et For\u00eats) et ancien secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du minist\u00e8re de l\u2019Environnement, de l\u2019Assainissement et du D\u00e9veloppement durable.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon l\u2019enqu\u00eate de l\u2019EIA, il y a un \u00e9cart entre le volume de kosso officiellement d\u00e9clar\u00e9 dans les documents et le volume effectivement transport\u00e9. La source de l\u2019EIA a estim\u00e9 que l\u2019\u00e9cart \u00e9quivalait \u00e0 environ 15 \u00e0 20 % du volume indiqu\u00e9 dans le permis. Ce syst\u00e8me de d\u00e9claration apparemment erron\u00e9e pourrait \u00eatre l\u2019un des facteurs expliquant l\u2019\u00e9cart entre le volume de kosso export\u00e9 du Mali tel que d\u00e9clar\u00e9 par les autorit\u00e9s maliennes dans le cadre de la Cites et le volume import\u00e9 en Chine\/Vietnam tel que d\u00e9clar\u00e9 par les autorit\u00e9s chinoises et vietnamiennes dans le cadre de la Cites. La Chine et le Vietnam ont d\u00e9clar\u00e9 avoir import\u00e9 40 % de kosso de plus que les exportations d\u00e9clar\u00e9es du Mali.<\/p>\n\n\n\n<p>En f\u00e9vrier 2022, les autorit\u00e9s togolaises ont arr\u00eat\u00e9 157 conteneurs pendant plusieurs jours. On ne sait pas exactement ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 ces conteneurs. Les deux soci\u00e9t\u00e9s Maliennes identifi\u00e9es dans ce trafic par le rapport EIA, sont la Soci\u00e9t\u00e9 de gestion foresti\u00e8re d\u2019Abdoulaye Halidou Ciss\u00e9 (SGFAHC) et la G\u00e9n\u00e9rale Industrie du Bois SARL (GIB) de Ciss\u00e9 Aboubacrine Sidick.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Pendant la haute saison d\u2019exploitation foresti\u00e8re, jusqu\u2019\u00e0 100 b\u00fbcherons \u00e0 la tron\u00e7onneuse travaillent dans la for\u00eat pour la plus grande entreprise malienne, la G\u00e9n\u00e9rale Industrie du Bois SARL&nbsp;\u00bb. Selon l\u2019enqu\u00eate de l\u2019EIA, les plus grands commer\u00e7ants chinois paieraient jusqu\u2019\u00e0 1,7 million de dollars par an en acomptes afin de garantir leur approvisionnement. Les entreprises maliennes sont \u00e9galement charg\u00e9es de fournir \u00e0 leurs clients tous les documents n\u00e9cessaires dont les permis d\u2019exportation Cites.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019EIA \u00e9tablit que toutes les exportations de grumes de kosso \u00e9quarries du Mali sont en violation de la loi malienne depuis mai 2020, en raison d\u2019une interdiction de r\u00e9colte (en vigueur de mai 2020 \u00e0 mars 2021) suivie d\u2019une r\u00e9glementation d\u2019interdiction d\u2019exportation de grumes (en vigueur de f\u00e9vrier 2021 \u00e0 ce jour) qui r\u00e9affirme les principes du code forestier malien en vigueur depuis 2010. Malgr\u00e9 tout, de mai 2020 \u00e0 mars 2022, l\u2019EIA estime que la Chine a import\u00e9 plus de 5&nbsp;500 conteneurs de kosso, en violation de la loi malienne.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;GIB et SGFAHC, deux soci\u00e9t\u00e9s contr\u00f4l\u00e9es par le riche entrepreneur Ciss\u00e9 Aboubacrine Sidick, seraient responsables de la majorit\u00e9 de l\u2019exploitation et de l\u2019exportation de Pterocarpus erinaceus du Mali. EIA n\u2019a pas re\u00e7u de r\u00e9ponse \u00e0 ses multiples demandes de la part d\u2019Aboubacrine Sidick Ciss\u00e9&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La soci\u00e9t\u00e9 civile inaudible<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9cret 10-287\/P-RM (26 juillet 2010) d\u00e9signe le kosso comme esp\u00e8ce \u00ab partiellement prot\u00e9g\u00e9e \u00bb au Mali. A ce titre, l\u2019esp\u00e8ce est soumise au cadre juridique qui r\u00e9glemente l\u2019exploitation foresti\u00e8re au niveau national, le code forestier (loi 10\/028 du 10 juillet 2010).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exploitation ill\u00e9gale du kosso aurait eu lieu dans les zones prot\u00e9g\u00e9es, \u00e0 mesure que les populations sauvages se rar\u00e9fient, notamment dans les r\u00e9serves foresti\u00e8res des Monts Manding et de K\u00e9ni\u00e9ba-Baoul\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>De nombreuses communaut\u00e9s ont \u00e9lev\u00e9 la voix pour d\u00e9noncer l\u2019impact n\u00e9gatif de l\u2019exploitation foresti\u00e8re sur leurs moyens de subsistance, notamment lors de r\u00e9unions multipartites d\u2019une journ\u00e9e organis\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9 civile locale, au cours desquelles les dirigeants communautaires ont pris la parole pour d\u00e9crire en d\u00e9tail l\u2019augmentation de l\u2019exploitation ill\u00e9gale du bois de rose.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019association Wassa-Ton, en particulier, a annonc\u00e9 que son dernier recours pour prot\u00e9ger sa for\u00eat \u00e9tait de cr\u00e9er des brigades locales qui patrouilleraient dans les zones o\u00f9 l\u2019exploitation est la plus intense. Alors que les communaut\u00e9s prennent en main la protection des for\u00eats, les risques de conflits entre les membres des communaut\u00e9s et les \u00e9quipes de b\u00fbcherons augmentent dans la r\u00e9gion de Kayes.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon les r\u00e9sultats de l\u2019inventaire forestier national, r\u00e9alis\u00e9 en 2006 et 2014, le Mali perd pr\u00e8s de 100&nbsp;000 ha de for\u00eat chaque ann\u00e9e. Selon ces r\u00e9sultats, avec une consommation d\u2019un m3\/Pers\/an, le Mali pourrait connaitre un d\u00e9ficit en bois \u00e9nergie, \u00e0 partir de 2030, si des dispositions ne sont pas prises. Aujourd\u2019hui, sur les 32 millions d\u2019hectares de for\u00eats recens\u00e9s en 2002, il ne reste actuellement qu\u2019environ 17 millions, tr\u00e8s insuffisants pour inverser la tendance au r\u00e9chauffement climatique.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon monsieur Gakou, ancien secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du minist\u00e8re, ancien directeur du service des Eaux et For\u00eats, \u00ab&nbsp;l\u2019effectif du personnel d\u2019encadrement est insuffisant. Actuellement la DNEF ne compte qu\u2019environ 800 agents. Ceci est tr\u00e8s insuffisant si on se rappelle que le ratio d\u2019encadrement international est&nbsp;<strong>d\u2019un agent pour 5&nbsp;000 ha.&nbsp;<\/strong>Pr\u00e9sentement le ratio est<strong>&nbsp;d\u2019un agent pour 75&nbsp;000 ha. De plus,&nbsp;<\/strong>les agents ont besoin de recyclage dans la mesure o\u00f9 la technologie \u00e9volue et qu\u2019il faudrait qu\u2019on s\u2019y adapte&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 22 f\u00e9vrier, le gouvernement togolais a intercept\u00e9 au port de Lom\u00e9 157 conteneurs de 27 tonnes de bois en provenance de Bamako apr\u00e8s avoir transit\u00e9 par le S\u00e9n\u00e9gal. La GIB \u2013 principale entreprise mise en cause dans le rapport de EIA \u2013 en \u00e9tait l\u2019exp\u00e9diteur. Interrog\u00e9 par&nbsp;<em>Le Monde<\/em>, son directeur g\u00e9n\u00e9ral, Aboubakrine Ciss\u00e9 s\u2019\u00e9tonne de ces accusations&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Notre marchandise \u00e9tait sur le port de Dakar avant le d\u00e9but de l\u2019embargo et elle \u00e9tait en r\u00e8gle avec des certificats Cites comme il se doit. Ce n\u2019est pas moi qui les d\u00e9livre mais l\u2019administration des eaux et for\u00eats. Je n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 contact\u00e9 par une ONG pour r\u00e9pondre \u00e0 des questions.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Entre mai 2020 et mars 2022, la Chine a import\u00e9 du Mali 220 000 arbres \u2013 soit 148 000 tonnes de kosso, et ce malgr\u00e9 l\u2019interdiction de sa r\u00e9colte et de son commerce dans ce pays d\u2019Afrique de l\u2019Ouest en proie \u00e0 des troubles, selon un rapport publi\u00e9 mercredi par l\u2019Agence d\u2019investigation environnementale (EIA).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vols, pillages et braconnages<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>De 2012 \u00e0 2017, la Chine a import\u00e9 du Mali un demi-million de kosso, d\u2019une valeur d\u2019environ 220 millions de dollars, a constat\u00e9 l\u2019EIA. Le Mali avait d\u00e9clar\u00e9 une interdiction de r\u00e9colte de bois de rose en 2020, mais celle-ci a \u00e9t\u00e9 lev\u00e9e l\u2019ann\u00e9e suivante. Depuis, une&nbsp;<em>\u201cinterdiction de l\u2019exportation de bois\u201d<\/em>&nbsp;est en vigueur, mais les exportations vers la Chine se sont poursuivies, ont constat\u00e9 les enqu\u00eateurs de l\u2019EIA, qui estiment que plus de 5 500 conteneurs remplis de kosso ont \u00e9t\u00e9 export\u00e9s vers la Chine de mai 2020 \u00e0 mars 2022.<\/p>\n\n\n\n<p>La majeure partie de l\u2019exploitation foresti\u00e8re a lieu dans des zones prot\u00e9g\u00e9es telles que des r\u00e9serves foresti\u00e8res, en violation du code forestier malien.<\/p>\n\n\n\n<p>Les demandes de commentaires adress\u00e9es par courrier \u00e9lectronique \u00e0 l\u2019ambassade de Chine \u00e0 Bamako et \u00e0 Mamadou Gakou, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du minist\u00e8re malien de l\u2019Environnement, de l\u2019Assainissement et du D\u00e9veloppement durable, sont rest\u00e9es sans r\u00e9ponse.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon l\u2019EIA, le trafic de bois de rose sert \u00e9galement \u00e0 la contrebande d\u2019autres marchandises. De l\u2019ivoire ill\u00e9gal, dont une partie provient de l\u2019abattage des \u00e9l\u00e9phants du d\u00e9sert du Gourma, une esp\u00e8ce presque an\u00e9antie au Mali, a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des troncs.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u201cIl semble que le n\u00e9gociant chinois connu localement sous le nom de \u201cFrank\u201d et son partenaire commercial, qui m\u00e8nent la plus grande op\u00e9ration de commerce de bois de rose du pays, ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9s dans la contrebande d\u2019ivoire entre le Mali et la Chine, \u00e0 partir de 2017 jusqu\u2019\u00e0 au moins 2020\u2033<\/em>, indique le rapport. Il y a quelques mois, lorsque les enqu\u00eateurs de l\u2019EIA ont parl\u00e9 aux partenaires commerciaux de Frank,&nbsp;<em>\u201cils \u00e9taient encore occup\u00e9s \u00e0 trouver comment faire sortir du pays un maximum de kosso qu\u2019ils avaient dans le d\u00e9p\u00f4t\u201d<\/em>, a d\u00e9clar\u00e9 Raphael Edou, responsable du programme Afrique \u00e0 l\u2019EIA<\/p>\n\n\n\n<p>P\u00e9kin, note Haibing Ma, responsable \u00e0 l\u2019EIA, a stipul\u00e9 que tous ses investissements \u00e9trangers dans le cadre de la Nouvelle route de la soie&nbsp;<em>\u201cdevraient s\u2019en tenir au principe et aux orientations \u00e9nonc\u00e9s dans l\u2019accord de Paris\u201d<\/em>, le pr\u00e9sident Xi Jinping soulignant aussi que&nbsp;<em>\u201cla coop\u00e9ration entre la Chine et l\u2019Afrique ne se fera jamais au d\u00e9triment des int\u00e9r\u00eats des peuples africains.\u201d.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le pays doit maintenant joindre le geste \u00e0 la parole et mettre fin \u00e0 l\u2019exportation de bois ill\u00e9gal depuis le Mali, a d\u00e9clar\u00e9 Haibing Ma :&nbsp;<em>\u201cEn tant que grande puissance responsable, la Chine doit faire des efforts pour nettoyer ses lignes commerciales.\u201d<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u201cD\u2019apr\u00e8s notre enqu\u00eate, la plupart des communaut\u00e9s foresti\u00e8res du Mali ont souffert \u00e0 cause de la crise du bois de rose. Le bois est couramment vol\u00e9 dans les zones foresti\u00e8res des communaut\u00e9s. Les dirigeants locaux ont soulev\u00e9 le probl\u00e8me \u00e0 de multiples reprises : certains font de l\u2019argent, eux en paient le prix\u201d<\/em>, a-t-il d\u00e9clar\u00e9. Les r\u00e9sidents locaux finissent par perdre leurs for\u00eats et ne re\u00e7oivent pas d\u2019argent pour le bois. Certaines communaut\u00e9s vont jusqu\u2019\u00e0 patrouiller dans leurs for\u00eats dans l\u2019espoir d\u2019attraper les b\u00fbcherons eux-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Alexis Kalambry<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;<\/strong><strong>Encadr\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Que rapporte ce trafic au Mali&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quelle est la classification nationale&nbsp;? Que rapporte le trafic de bois au Tr\u00e9sor public du Mali&nbsp;? Silence et boule de gomme&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Il est difficile de savoir ce que le trafic de bois de v\u00e8ne rapporte au Mali. Dans la codification douani\u00e8re internationale, les principaux codes HS utilis\u00e9s sont 4404 pour les grumes rondes et grossi\u00e8rement \u00e9quarries, et 4407 pour le bois sci\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le relev\u00e9 statistique des exportations du Mali, 2023, la cat\u00e9gorie 4403 ne concerne que les conif\u00e8res, ce qui n\u2019est donc pas utile. \u00ab&nbsp;C\u2019est comme si aucune grume n\u2019avait \u00e9t\u00e9 export\u00e9e !&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le code, au 4407, il est fait mention \u201cbois tropical\u201d, \u2026mais pas non plus de r\u00e9f\u00e9rence directe au bois de v\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019UNDOC (p.45-note #3), indique que pour la Chine, le bois de rose (d\u00e9fini dans la norme nationale chinoise 2017 et enregistr\u00e9 en Chine dans le code HS 44034980 \u00ab&nbsp;bois tropical bois de rose&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A K.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Selon les r\u00e9sultats de l\u2019inventaire forestier national, le Mali perd pr\u00e8s de 100&nbsp;000 ha de for\u00eat chaque ann\u00e9e. 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