{"id":16319,"date":"2023-12-26T17:13:48","date_gmt":"2023-12-26T16:13:48","guid":{"rendered":"https:\/\/nandi.info\/?p=16319"},"modified":"2023-12-26T17:13:50","modified_gmt":"2023-12-26T16:13:50","slug":"general-moussa-traore-que-peut-on-retenir-de-ce-grand-homme-detat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nandi.info\/?p=16319","title":{"rendered":"G\u00e9n\u00e9ral Moussa Traor\u00e9\u00a0: Que peut-on retenir de ce grand homme d\u2019Etat\u00a0?"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Qui est, r\u00e9ellement, Moussa Traor\u00e9 ? Comment est-il arriv\u00e9 au pouvoir ? Comment a-t-il exerc\u00e9 le pouvoir ? Comment a-t-il quitt\u00e9 le pouvoir ? Quel h\u00e9ritage a-t-il laiss\u00e9 aux Maliens ? Dans le but de r\u00e9pondre \u00e0 ces cinq questions, Dr Choguel Kokalla Ma\u00efga et Pr Issiaka Ahmadou Singar\u00e9 dans leur \u00e9ni\u00e8me coproduction ont mis sur le march\u00e9 un livre de trois cent pages, intitul\u00e9 \u2018\u2019Hommage au G\u00e9n\u00e9ral d\u2019arm\u00e9e Moussa Traor\u00e9\u2019\u2019, dont le lancement a eu lieu samedi \u00e0 la Maison de la Presse. Nous vous livrons dans la pr\u00e9sente parution la partie consacr\u00e9e au parcours de Moussa Traor\u00e9 de sa naissance \u00e0 son accession au pouvoir.&nbsp;<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Les coauteurs de ce nouveau livre dans les librairies ont indiqu\u00e9 que l\u2019objectif de sa r\u00e9daction constitue pour eux en tant qu\u2019anciens militants de l\u2019UDPM d\u2019inviter \u00e0 jeter un autre regard sur un homme et sur son \u0153uvre. Avec l\u2019intention d\u2019apporter leur contribution au d\u00e9bat d\u2019id\u00e9es sur l\u2019histoire contemporaine du Mali, ils ont choisi d\u2019\u00e9crire, de t\u00e9moigner, afin que les mensonges d\u2019aujourd\u2019hui ne deviennent les v\u00e9rit\u00e9s de demain. \u00ab&nbsp;La sagesse bamanan enseigne&nbsp;: le mensonge qui s\u2019exprime finit par l\u2019emporter sur la v\u00e9rit\u00e9 qui se tait&nbsp;\u00bb soutiennent-ils, avant de s\u2019interroger si r\u00e9ellement tous les faits relat\u00e9s sur GMT et son r\u00e9gime sont-ils des v\u00e9rit\u00e9s. Focus sur le parcours du G\u00e9n\u00e9ral d\u2019arm\u00e9e Moussa Traor\u00e9 (1<sup>\u00e8re<\/sup> partie).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>I. Le parcours, du 25 septembre 1936 au 19 novembre 1968<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Moussa Traor\u00e9 est natif de S\u00e9b\u00e9tou, village situ\u00e9 \u00e0 une quinzaine de kilom\u00e8tres de Kayes. Il a vu le jour le 25 septembre 1936. Son p\u00e8re, Kaba, est un ancien combattant des deux guerres mondiales. En octobre 1944, il est inscrit \u00e0 l\u2019\u00e9cole r\u00e9gionale de Kayes o\u00f9 il obtient, en 1950, le certificat d\u2019\u00e9tudes primaires \u00e9l\u00e9mentaires. Son p\u00e8re l\u2019a destin\u00e9 au m\u00e9tier des armes. Aussi, plut\u00f4t que de s\u2019engager pour des \u00e9tudes secondaires, il se pr\u00e9sente, avec succ\u00e8s, major du Soudan Fran\u00e7ais, au concours d\u2019entr\u00e9e \u00e0 l\u2019Ecole des enfants de troupes de Kati. Il en sort, major de sa promotion.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec le grade de sergent-chef, il conna\u00eet diff\u00e9rentes affectations en Guin\u00e9e, au S\u00e9n\u00e9gal, en Mauritanie et \u00e0 Fr\u00e9jus, souvent comme instructeur. A Fr\u00e9jus, il se pr\u00e9sente au concours d\u2019entr\u00e9e \u00e0 l\u2019Ecole de Formation des Officiers Ressortissants des Territoires d\u2019Outre-Mer (EFORTOM). L\u2019\u00e9tablissement recrute \u00e0 partir des colonies fran\u00e7aises d\u2019Afrique. Moussa Traor\u00e9 se classe major, aussi bien au concours d\u2019entr\u00e9e qu\u2019\u00e0 l\u2019examen de fin d\u2019\u00e9tudes.<\/p>\n\n\n\n<p>Survient le 22 septembre 1960, l\u2019ind\u00e9pendance de la R\u00e9publique du Mali. Il est mandat\u00e9 par ses sept compatriotes fr\u00e9quentant l\u2019\u00e9tablisse pour r\u00e9diger la motion de f\u00e9licitation et de soutien adress\u00e9e aux congressistes. Das la foul\u00e9e, ayant \u00e0 choisir entre continuer \u00e0 servir sous le drapeau fran\u00e7ais et l\u2019int\u00e9gration dans la jeune arm\u00e9e malienne, il choisit la seconde option et retourne au pays natal en m\u00eame temps que neuf camarades ayant suivi une formation d\u2019officiers en France, sept \u00e0 Fr\u00e9jus, deux, \u00e0 Strasbourg. A leur intention, le g\u00e9n\u00e9ral de brigade Abdoulaye Soumar\u00e9, Chef d\u2019\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral (CEMG) de l\u2019arm\u00e9e ouvre un camp d\u2019application \u00e0 Kati o\u00f9 ils s\u2019exercent sur toutes les armes. L\u2019application termin\u00e9e, les jeunes sous-officiers, \u00e0 l\u2019exception de Moussa Traor\u00e9, sont r\u00e9partis entre des commandos autonomes de combat et d\u00e9ploy\u00e9s sur diff\u00e9rents camps militaires. Le CEMG aynt pris connaissance des \u00e9tats de service de Moussa Traor\u00e9 l\u2019affecte \u00e0 l\u2019Ecole Militaire Interarmes (EMIA) de Kati comme instructeur.<\/p>\n\n\n\n<p>Juin 1962&nbsp;: en compagnie du capitaine Amara Danfagha, il re\u00e7oit l\u2019instruction de se rendre \u00e0 Conakry y r\u00e9ceptionner des caisses cens\u00e9es contenir des explosifs. Il s\u2019acquitte de la mission et, \u00e0 sa grande surprise comme \u00e0 la surprise du capitaine Danfagha, il d\u00e9couvre, \u00e0 la suite de l\u2019ouverture malencontreuse de quelques caisses, qu\u2019il est, \u00e0 son insu, convoyeur de billets de banque. En effet, le Mali, ayant d\u00e9cid\u00e9 de cr\u00e9er sa propre monnaie, venait de faire imprimer des billets de banque en Tch\u00e9coslovaquie et le gouvernement s\u2019est propos\u00e9 de les introduire sur le territoire national dans le plus grand secret en attendant de les mettre en circulation le 1<sup>er<\/sup> juillet 1962.<\/p>\n\n\n\n<p>Mai 1963&nbsp;: l\u2019Organisation de l\u2019Unit\u00e9 Africaine (OUA) est cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Addis Abeba. A l\u2019\u00e9poque, les Etats africains sont partag\u00e9s entre deux blocs&nbsp;: celui de Monrovia, favorable \u00e0 un rapprochement avec l\u2019Occident et celui de Casablanca favorable \u00e0 un rapprochement avec les pays de l\u2019Est. En marge d\u2019une session de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019organisation, les chefs d\u2019Etat du second groupe se retrouvent en conclave et d\u00e9cident d\u2019apporter un appui en armes et en formation aux combattants d\u2019Afrique centrale et d\u2019Afrique australe.<\/p>\n\n\n\n<p>Le lieutenant Moussa Traor\u00e9 est d\u00e9sign\u00e9 pour la mise en \u0153uvre de la d\u00e9cision. En compagnie du lieutenant Ousmane Coulibaly, bravant les dangers inh\u00e9rents aux incessants bombardements des camps des nationalistes du Congo-L\u00e9opoldville, il r\u00e9ussit \u00e0 rencontrer les forces lumumbistes pour leur remettre des armes et des munitions. Par la suite, un camp d\u2019entra\u00eenement est ouvert au Tanganyika. De nouveau, le lieutenant Moussa Traor\u00e9 est d\u00e9sign\u00e9 comme instructeur pour initier au maniement des armes les nationales angolais, mozambicains, namibiens et sud-africains.<\/p>\n\n\n\n<p>De retour de mission, il rejoint l\u2019EMIA, \u00e0 Kati, d\u2019o\u00f9 le mardi 19 novembre 1968, il descendra sur Bamako pour prendre le pouvoir.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>II. L\u2019accession au pouvoir<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Donc, l\u2019accession au pouvoir s\u2019est effectu\u00e9e \u00e0 la suite d\u2019un coup d\u2019Etat. Cet \u00e9v\u00e9nement poss\u00e8de des causes, conna\u00eet une pr\u00e9paration suivie d\u2019une ex\u00e9cution.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>1. Les causes du coup d\u2019Etat<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans le second semestre de l\u2019ann\u00e9e 1968, Moussa Traor\u00e9 est frapp\u00e9 par un fait et ne manque pas de se poser la question&nbsp;: comment se fait-il, alors qu\u2019aucune s\u00e9cheresse n\u2019ait \u00e9t\u00e9 d\u00e9plor\u00e9e, qu\u2019aucune famine n\u2019ait \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e, les Maliens soient soumis au rationnement des c\u00e9r\u00e9ales&nbsp;? Ce constat, ajout\u00e9 \u00e0 d\u2019autres dysfonctionnements le d\u00e9cide \u00e0 renverser le pouvoir pour op\u00e9rer le changement.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Les causes du coup d\u2019Etat sont au nombre de cinq&nbsp;: les dissensions au sein de l\u2019US-RDA, le culte de la personnalit\u00e9, les difficult\u00e9s \u00e9conomiques, les restrictions apport\u00e9es aux libert\u00e9s individuelles, les frustrations dans l\u2019arm\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>De sa cr\u00e9ation en octobre 1946 \u00e0 ao\u00fbt 1967, l\u2019US-RDA a \u00e9t\u00e9 constamment \u00e9t\u00e9 secou\u00e9e par des <strong>dissensions.<\/strong> Celles-ci sont dues aux divergences entre responsables favorables au Pr\u00e9sident Mamadou Konat\u00e9 et responsables favorables au Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral Modibo Ke\u00efta. La seconde tendance finit par l\u2019emporter. Modibo Ke\u00efta dissout le Bureau Politique National (BPN). Les d\u00e9put\u00e9s sont somm\u00e9s de se d\u00e9mettre. Des structures non pr\u00e9vues par les textes fondamentaux sont cr\u00e9\u00e9es. Ce sont&nbsp;: le Comit\u00e9 National de D\u00e9fense de la R\u00e9volution (CNDR), la D\u00e9l\u00e9gation L\u00e9gislative. S\u2019appuyant sur des jeunes, la plupart dans base, Modibo Ke\u00efta d\u00e9clenche la R\u00e9volution active. A l\u2019exception des \u00e9lus du Nord, tous les responsables de la premi\u00e8re heure sont \u00e9cart\u00e9s de la gestion politique du pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Une telle situation favorise le d\u00e9veloppement du <strong>culte de la personnalit\u00e9<\/strong>. Pionniers et \u00e9coliers doivent chanter&nbsp;: \u00ab&nbsp;La voix de Modibo a sonn\u00e9 le salut.&nbsp;\u00bb Modibo Ke\u00efta est surnomm\u00e9 le Pr\u00e9sident Jigis\u00e9m\u00e9. Il est sacr\u00e9 Guide unique.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette situation est n\u00e9e du coup de barre \u00e0 gauche vigoureusement imprim\u00e9e \u00e0 la gestion des affaires publiques. En effet, si la proclamation de l\u2019ind\u00e9pendance de la R\u00e9publique du Mali s\u2019est faite dans l\u2019euphorie, celle-ci est vite tomb\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s 1962, les <strong>difficult\u00e9s<\/strong> <strong>\u00e9conomiques <\/strong>commencent \u00e0 se manifester. Des Soci\u00e9t\u00e9s et Entreprises d\u2019Etat sont cr\u00e9\u00e9es. Elles font la fiert\u00e9 du peuple. Mais elles sont loin d\u2019\u00eatre rentables \u00e0 l\u2019exception de quelques-unes. D\u00e8s mars 1963, Modibo Ke\u00efta conclut \u00e0 leur faillite et \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019en supprimer certaines pour restructurer d\u2019autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Une monnaie nationale est mise en circulation le 1<sup>er<\/sup> juillet 1962. Cinq ann\u00e9es plus tard, il faut se r\u00e9soudre \u00e0 l\u2019abandonner. Des n\u00e9gociations sont entreprises avec la France. Elles aboutissent \u00e0 la signature des accords mon\u00e9taires franco-maliens en f\u00e9vrier 1967. La France garantit le franc malien, le Mali s\u2019engage \u00e0 prendre les dispositions pour r\u00e9int\u00e9grer l\u2019UEMOA et la zone franc. Modibo Ke\u00eeta vient de donner satisfaction \u00e0 l\u2019aile mod\u00e9r\u00e9e de son parti. Les radicaux ruent dans les brancards. Pour leur donner satisfaction, il d\u00e9clenche la R\u00e9volution active.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le malaise cr\u00e9\u00e9 par les difficult\u00e9s \u00e9conomiques est aggrav\u00e9 par les <strong>restrictions i<\/strong>mpos\u00e9es aux libert\u00e9s publiques&nbsp;: obligation de participer aux r\u00e9unions du parti, obligation de prendre la carte du parti, obligation d\u2019obtenir l\u2019autorisation de sa section pour se rendre \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, obligation d\u2019\u00eatre d\u00e9tenteur d\u2019un avis de mouvement pour faire circuler les c\u00e9r\u00e9ales quelle que soit la distance \u00e0 parcourir, obligation pout tous les Bamakois de s\u2019acquitter de la pri\u00e8re du vendredi \u00e0 la Grande Mosqu\u00e9e de Bagadadji, obligation pour certains musulmans de se cacher pour pratiquer leur culte\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, les <strong>frustrations au sein de l\u2019arm\u00e9e <\/strong>constituent la derni\u00e8re cause du coup d\u2019Etat. Modibo Ke\u00efta, avec l\u2019assistance du colonel Pinana Drabo et du g\u00e9n\u00e9ral Abdoulaye Soumar\u00e9 a cr\u00e9\u00e9 l\u2019arm\u00e9e nationale pour s\u2019en \u00e9carter \u00e0 parti de 1964. Pour quelles raisons&nbsp;? On ne le sait pas exactement. Ce que l\u2019on sait est que le d\u00e9samour avec l\u2019arm\u00e9e nationale s\u2019accompagne d\u2019un int\u00e9r\u00eat manifeste pour la Milice du parti, dite Milice populaire, mieux entretenue, mieux \u00e9quip\u00e9e que l\u2019arm\u00e9e. Cette situation sera d\u00e9terminante pour expliquer le ralliement du camp des commandos parachutistes de Djikoroni \u00e0 la cause du coup d\u2019Etat.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>2. La pr\u00e9paration du coup d\u2019Etat<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le coup d\u2019Etat du 19 novembre est l\u2019\u0153uvre de huit lieutenants avec l\u2019appui d\u2019un adjudant-chef. L\u2019id\u00e9e de renverser le r\u00e9gime a d\u2019abord germ\u00e9 dans l\u2019esprit de trois lieutenants&nbsp;: Moussa Traor\u00e9, Youssouf Traor\u00e9, Kissima Doukara. Ils s\u2019en ouvrent \u00e0 quelques capitaines&nbsp;: Charles samba Sissoko, Yoro Diakit\u00e9, Abdourahmane Diallo\u2026 Les capitaines commencent par h\u00e9siter pour finir par se d\u00e9clarer non partants.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est alors que, sur recommandation de Moussa Traor\u00e9 qui, d\u00e9j\u00e0, fait figure de chef, les trois lieutenants se tournent du c\u00f4t\u00e9 des sous-officiers. Kissima Doukara prend contact avec l\u2019adjudant-chef Soungalo Samak\u00e9, adjoint du commandant du camp des parachutistes de Djikoroni, le capitaine Amara Danfagha. L\u2019adjudant-chef exige la pr\u00e9sence du chef pour traiter avec lui. Moussa Traor\u00e9 fait le d\u00e9placement. Soungalo Samak\u00e9 pose ses conditions, elles sont accept\u00e9es. Il se d\u00e9clare pr\u00eat \u00e0 agir d\u00e8s qu\u2019instruction lui sera donn\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette \u00e9tape franchie, Moussa Traor\u00e9 constitue l\u2019\u00e9quipe qui sera \u00e0 la man\u0153uvre le jour J qui n\u2019est pas encore fix\u00e9. Ses choix se portent sur certains officiers de la premi\u00e8re promotion qu\u2019il a eu \u00e0 forer \u00e0 l\u2019EMIA. Ils sont&nbsp;: Filifing Sissoko, Amadou Baba Diarra, Ti\u00e9koro Bagayogo, Joseph Mara, Missa Kon\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>3. L\u2019ex\u00e9cution du coup d\u2019Etat<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le lieutenant Moussa Traor\u00e9 a gard\u00e9 secret le jour du coup d\u2019Etat. Dans la soir\u00e9e du lundi 18 mars, aux environs de 18 heures, assis dans son salon, \u00e0 Kati, il convoque, un \u00e0 un, les membres de l\u2019\u00e9quipe qu\u2019il a constitu\u00e9e, les re\u00e7oit avec la m\u00eame phrase&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est ce soir, va te pr\u00e9parer&nbsp;:&nbsp;\u00bbA minuit, il fait sonner l\u2019alerte. La troupe accourt au lieu de rassemblement. Il lui tient l\u2019allocution suivante&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ce soir, nous allons prendre le pouvoir, pas pour nous-m\u00eames, mais pour le bonheur de notre peuple.&nbsp;Etes-vous pr\u00eat \u00e0 me suivre&nbsp;? \u00bb \u00ab&nbsp;Mon lieutenant&nbsp;\u00bb, lui fut-il r\u00e9pondu, \u00ab&nbsp;si c\u2019est vous qui \u00eates \u00e0 la t\u00eate de l\u2019action, nous vous suivront jusqu\u2019au bout.&nbsp;\u00bb De joie, un soldat vide son chargeur sur un tronc d\u2019arbre. Les magasins sont ouverts, la troupe s\u2019\u00e9quipe, s\u2019\u00e9branle vers Bamako pour en occuper les points strat\u00e9giques.<\/p>\n\n\n\n<p>Aux membres de l\u2019\u00e9quipe, il pr\u00e9sice ce que chacun doit faire. Les lieutenants Youssouf Traor\u00e9 et Kissima Doukara sont charg\u00e9s de mettre hors d\u2019usage les centraux t\u00e9l\u00e9phoniques du Dibida et du Point G. Ti\u00e9koro Bagayogo et Soungalo Samak\u00e9 sont charg\u00e9s de neutraliser les membres de l\u2019\u00e9tat-major de la Milice. Ensuite, Samak\u00e9 proc\u00e9dera \u00e0 l\u2019arrestation du ministre d\u00e9l\u00e9gue charg\u00e9 de la D\u00e9fense, Mamadou Diakit\u00e9, et Filifing Sissoko, \u00e0 celle du chef d\u2019\u00e9tat-major, le colonel S\u00e9kou Traor\u00e9. Amadou Baba Diarra est charg\u00e9 de la supervision du d\u00e9ploiement des blind\u00e9s dans Bamako.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout est ex\u00e9cut\u00e9 \u00e0 la lettre, en d\u00e9pit de quelques anicroches. Les op\u00e9rations ont d\u00e9but\u00e9 \u00e0 minuit \u00e0 Kiti, \u00e0 2 heures, \u00e0 Bamako. A 4 heures, tout \u00e9tait termin\u00e9 sans que la moindre r\u00e9sistance soit observ\u00e9e. A 8 heures, Moussa Traor\u00e9 donne instruction \u00e0 Soungalo Samak\u00e9 de se faire accompagner par Amadou Baba Diarra et Ti\u00e9koro Bagayogorendre pour se rendre \u00e0 Koulikoro o\u00f9 Modibo Ke\u00efta, de retour de Mopti, doit d\u00e9barquer dans le courant de la matin\u00e9e et l\u2019arr\u00eater avant qu\u2019il ne descende de bateau.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le trajet Koulikoro-Bamako, Soungalo Samak\u00e9 modifie l\u2019instruction donn\u00e9e. Arr\u00eater Modibo Ke\u00efta \u00e0 Koulikoro comporte des risques. Aussi, est-ce \u00e0 Kayo que l\u2019arrestation aura lieu. De cet instant \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e \u00e0 la Permanence du Part (aujourd\u2019hui si\u00e8ge du Haut Conseil des Collectivit\u00e9s Territoriales), Modibo Ke\u00efta est rest\u00e9 silencieux, t\u00eate baiss\u00e9e, dans le BTR o\u00f9 il avait pris place. Une fois arriv\u00e9 \u00e0 destination, il s\u2019est trouv\u00e9 en face de Moussa Traor\u00e9. Contrairement \u00e0 une id\u00e9e r\u00e9pandue, il n\u2019y a eu nulle n\u00e9gociation entre les deux hommes.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Moussa Traor\u00e9 s\u2019est limit\u00e9 \u00e0 donner \u00e0 Modibo Ke\u00efta les raisons du coup d\u2019Etat et \u00e0 l\u2019informer que des \u00e9lections seront organis\u00e9es auxquelles il pourrait, s\u2019il le voulait, participer. Modibo Ke\u00efta s\u2019est dit non int\u00e9ress\u00e9 par des \u00e9lections&nbsp;; ayant vu le jour dans une case, il est pr\u00eat \u00e0 y retourner passer le reste de ses jours. L\u00e0 prirent fin la rencontre et la la I<sup>\u00e8re<\/sup> R\u00e9publique. Aux environs de 13 heures, Moussa Traor\u00e9 annonce sur les antennes de Radio Mali&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019heure de la libert\u00e9 a sonn\u00e9. L\u2019Arm\u00e9e a pris le pouvoir de l\u2019Etat.&nbsp;\u00bb L\u2019annonce provoque dans un premier temps, le scepticisme, tant l\u2019US-RDA \u00e9tait fortement implant\u00e9e dans le pays. Mais, vite, le scepticisme est dissip\u00e9 pour c\u00e9der la place \u00e0 une formidable explosion de joie que relate, dans les moindres d\u00e9tails, l\u2019historienne Bintou Sanankoua dans son livre <strong>La Chute de Modibo Ke\u00efta<\/strong>. Toutefois, des tentatives de r\u00e9sistance, du fait tr\u00e8s isol\u00e9es, sont not\u00e9es \u00e0 Kidal, Koro, S\u00e9gou, Bamako, Kayes. Elles sont vite circonscrites avec le concours des populations et des forces de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9&nbsp;; toutes, sauf celle de Kidal qui aura un d\u00e9nouement tragique plus que d\u00e9plorable.<\/p>\n\n\n\n<p>A suivre<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Karamoko Diaoulen Diarra<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Qui est, r\u00e9ellement, Moussa Traor\u00e9 ? Comment est-il arriv\u00e9 au pouvoir ? Comment a-t-il exerc\u00e9 le pouvoir ? Comment a-t-il quitt\u00e9 le pouvoir ? 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