Favoriser des espaces de dialogue afin de prévenir les tensions et de renforcer le vivre-ensemble
Dans le cadre du projet Siguida Hèrèma, financé par le Royaume de Belgique, l’Union des Radiodiffusions et Télévisions Libres du Mali (URTEL) en partenariat avec Search for Common Ground a organisé les journées de concertation publique à la maison de la presse du 23 au 25 juin 2026. Cette activité fait suite à la formation des journalistes et animateurs sur les techniques d’animation de débats. Favoriser un dialogue inclusif autour des enjeux du numérique, de la jeunesse et des mécanismes traditionnels de prévention des conflits tel était l’objet de cette rencontre qui a réuni près de 300 personnes.
Durant ces trois jours à la maison de la presse, une série d’émissions publiques de concertation réunissant des journalistes, des représentants d’organisations de la société civile, des jeunes leaders, des universitaires et des citoyens qui visaient à promouvoir un dialogue apaisé autour de questions qui touchent directement la paix, la cohésion sociale et la gouvernance inclusive.

Le premier panel s’est penché sur une question au cœur de l’actualité : « Les réseaux sociaux favorisent-ils le dialogue ou la polarisation ? » ce thème a été débattu par Samerou Diallo (Démocratie 101), Sorory Diakité (Jeuness’ART), Assétou Founé Samaké, journaliste reporter et autres. Les échanges ont permis de mettre en évidence les opportunités qu’offrent les plateformes numériques pour l’expression citoyenne, tout en alertant sur les risques liés à la désinformation, aux discours de haine et à la manipulation de l’opinion. Les intervenants ont plaidé pour un usage responsable des réseaux sociaux, fondé sur la vérification des informations, le respect de l’autre et la promotion d’une culture du débat.

Le deuxième thème, « Jeunesse malienne : acteurs du changement ou victimes des crises ? », a donné la parole à plusieurs représentants d’organisations de jeunesse et tous ont reconnu que les jeunes subissent fortement les conséquences des crises sécuritaires, économiques et sociales. Toutefois, ils ont également insisté sur leur capacité à innover, à entreprendre et à participer activement aux initiatives de développement local, de citoyenneté et de consolidation de la paix, débattu par Ada Diawara Association des femmes pour le Développement Durable Inclusif et la Résilience des Communautés (AFRICOD), Daouda Ballo, Association des Jeunes pour la Citoyenneté Active et la Démocratie (AJCAD), Biné Telly du Réseau Africain pour le Maintien de la Paix (RAMP)

La troisième journée a mis à l’honneur le Sinankounya, ou cousinage à plaisanterie, présenté comme un héritage culturel majeur du Mali. Le panel a été animées par Baba Boubacar Keïta, de la Communauté de Pratique de Lutte contre la Corruption (CPLC), Mme Fatouma Ly, Mouvement des Associations pour le Renouveau et le Développement au Mali, ou « Ben Cafo Mali » (MAREMU),le Dr Mariam Abocar Touré, Médecin Épidémiologiste, Spécialiste en Hémodialyse et en Épidémiologie de Terrain et Omar Korkosse Communicateur traditionnelle, ont rappelé que ce mécanisme traditionnel de médiation sociale, instauré depuis l’époque de l’Empire du Mali, demeure un puissant outil de prévention des conflits et de renforcement de la cohésion entre les communautés. Ils ont encouragé les jeunes générations à préserver et valoriser cette pratique, véritable symbole de tolérance, de respect mutuel et de fraternité.
Au-delà des débats, cette initiative a permis la production de plusieurs émissions de concertation et de microprogrammes qui seront diffusés par les radios membres de l’URTEL. Ces productions contribueront à sensibiliser les populations sur les valeurs du dialogue, de la paix et de la participation citoyenne.
En réunissant des acteurs venus d’horizons divers autour de préoccupations communes, le projet Siguida Hèrèma démontre que le dialogue demeure l’un des meilleurs remparts contre les divisions. À travers ce partenariat, l’URTEL et Search for Common Ground réaffirment leur engagement à accompagner les médias et les citoyens dans la construction d’un Mali plus apaisé, plus inclusif et résolument tourné vers la paix.
Kadiatou Traoré



