Professionnaliser les médias dans les domaines du numérique, du genre et de la lutte contre la désinformation, tout en renforçant leur résilience grâce à la dotation de radios en kits d’énergie solaire
Renforcer les capacités des médias indépendants pour leur permettre de mieux informer, de résister aux crises et de rester au plus près des populations tel est l’ambition du projet Brave –BBC porté par l’Union des Radios et Télévisions Libres du Mali (URTEL) en partenariat avec la Fondation hirondelle à travers des formations avec 20 radios sur la gestion économique et le marketing, la lutte contre la désinformation, la promotion de l’égalité de genre et deux radios bénéficieront également de l’énergie solaire pour contribuer à un paysage médiatique plus inclusif, professionnel et résilient.
Au Mali, les radios de proximité jouent un rôle essentiel dans notre société, l’accès à l’information, dans les zones rurales constituent l’un des principaux moyens de s’informer sur l’actualité, la santé, l’éducation, entre autres.
Et cependant ces radios font face à de nombreux défis tels que financières, délestages électriques, la circulation rapide des fausses informations. C’est dans ce contexte que l’URTEL entend renforcer les capacités de 20 radios indépendantes autour de quatre axes prioritaires qui est sur la gestion économique et le marketing, la lutte contre la désinformation, la prise en compte du genre dans les médias et l’accès à une énergie durable.
- Le premier axe du projet porte sur le renforcement des compétences de 20 radios en matière de gestion économique et de marketing qui est prévue à Mopti, cette formation doit permettre aux responsables des stations de mieux organiser leur fonctionnement administratif et financier. Les radios participantes seront notamment dotées d’un manuel simplifié de procédures administratives et comptables, conçu pour être facilement utilisé au quotidien qui permettra aux responsables de mieux suivre leurs recettes, leurs dépenses et leurs contrats, tout en améliorant la gestion de leurs ressources.
- Le deuxième volet s’attaque à un autre défi majeur qui la désinformation et une vingtaine de radios indépendantes seront formées à des techniques pratiques de vérification de l’information. Organisées à Ségou et à Bamako, ces sessions réuniront deux groupes de dix participants. Les professionnels des médias seront notamment initiés à l’utilisation d’au moins trois outils numériques de vérification, notamment pour contrôler les images, les vidéos et les sources qui a pour but de donner aux journalistes et animateurs des réflexes simples pour vérifier une information avant sa diffusion, particulièrement dans un contexte où les rumeurs peuvent rapidement se propager sur les réseaux sociaux et atteindre les antennes des radios.
- La troisième porte sur la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes constitue le troisième axe du projet à Bamako, 20 responsables de radios seront formés à la politique nationale du genre, le choix de cibler directement les responsables des médias vise à favoriser des changements durables au sein des rédactions et des directions.
- Et le quatrième axe apporte une réponse concrète à la crise énergétique qui affecte les radios, particulièrement à l’intérieur du pays. Et deux radios seront équipées d’installations solaires, avec l’objectif de leur permettre de fonctionner de manière autonome et de maintenir leur diffusion entre 18 et 24 heures par jour, sans interruption liée aux délestages et grâce à ces installations solaires, les deux radios bénéficiaires devraient pouvoir réduire de 80 % leurs charges liées à l’achat de gasoil. Elles pourront ainsi consacrer davantage de ressources à leur fonctionnement, à la production de contenus et au développement de leurs activités.
Pour l’URTEL, le projet BRAVE ne consiste pas seulement à organiser des formations mais il s’agit surtout d’aider ces radios libres à grandir, à mieux s’adapter aux réalités et surtout être auprès de la population dans le but de leur donner les moyens de mieux gérer leurs activités, de maîtriser les outils numériques et de produire une information plus responsable et plus utile aux communautés.
Kadiatou Traoré





